"Ouvert le bal des damnés, tickets en vente sur ton palier"

"Ouvert le bal des damnés, tickets en vente sur ton palier"
*
J'étais là.
Tu étais là.
Il n'était pas là.
Elle n'était pas là.

Nous étions là.
Vous n'étiez pas là.
Ils n'étaient pas là.


Comment vais-je, comment allez-vous ?
Je ne sais pas et vous non plus.

A l'absence on trouve toujours des excuses, plus où moins valables, à l'absence on peut toujours donner son pardon, plus où moins vite et bien. L'ABSENCE. Comme ce mot résonne mal.
Un mois sans nouvelles, et des tas de bonnes raisons. Pas de crédit, puis pas d'internet de fixe. Mais moi j'aurais tout fait, absolument tout pour TE répondre, pour te dire que tout allait bien, même une minute : je t'aurais écrit un mail de chez Loic, j'aurais utiliser mon téléphone fixe en promettant à ma mère de ne pas dépasser les dix minutes de conversation, je serais aller chez Priscillia en lui demandant si je peux t'écrire de chez elle. La confiance est intransigeante, la confiance est un bourreau et un fardeau.


Ce dont j'ai le plus peur, c'est que l'on me laisse, que l'on m'abandonne. Qu'un jour vous disparaissiez, sans que je sache où comprenne pourquoi, laissant derrière vous une plaie béante dans mon coeur, vide et sanguinolente, une plaie qui aurait votre visage. Je pleure parfois le soir, parce que je me dis que vous partirez, loin et sans moi, et que vous oublierez nos souvenirs communs comme une valise perdue à l'aéroport. "Feeling so faithless, stay under the surface".

Mon coeur lâche, je m'en veux de ne pouvoir pas pardonner tout à fait : une petite épine de rose dans mon âme, il faudrait que la brume des larmes l'efface. Je veux pleurer dans vos bras, dans chacun de vos bras, une seule fois, vous dire ces mots, et après me sentir mieux, ou moins mal.
Aimez moi comme je vous aime.
*

# Posté le mercredi 05 août 2009 05:52

Modifié le vendredi 07 août 2009 17:52

SANG, je te perdrais, je boirais ta vie. B.

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Je n'écris plus, je ne lis plus. J'ai comme perdu la petite étincelle.
Alors j'ai des flashs, je me retourne sur des feuillets griffonnés souvent au sortir du lit le matin, et j'essaie de trouver une continuité : je fais le rhapsode, comme dirais la Guéparde chère à mon c½ur. Et je me prends les pieds dans ce tapis mal tissé, c'est plein de n½uds et de griffures vaines. Dites-moi que j'écrirais encore, c'est mon seul petit talent, ma seule petite flamme et je la veux retenir en moi aussi longtemps que ma main pourra soutenir le poids de la plume.

Demain, je vais lire Balzac au creux d'un tumulus de pierre, dans le sein de mes ancêtres, en pleine forêt : je rêverais le chaman qui tirerait de ces âmes inertes les esprits des morts pour les enfermer dans ma tête, et me redonner l'envie d'avancer, de vivre, de combattre dans le sang et les larmes s'il le faut et de cracher sur le malheur. J'espère le souffle des morts, j'espère le murmure de la forêt profonde, j'espère la voix de B. : qu'ils trouvent des échos dans mon âme, des aspérités auxquelles s'accrocher pour résister à l'angoisse qui menace de m'assaillir comme la noirceur du nuage menace la blanche robe de la mariée.

Ne plus écrire, perdre le goût de la lecture, perdre Loïc l'année prochaine, changer trop, trop profondément.
La vie est lapidaire, et pourtant la mienne est privilégiée.



Je dois me limer les ongles, je vais finir par écorcher mon âme, à force de gratter pour chercher quelque chose dont je n'a aucune idée. Chercher un petit poids vert gazon au lieu de vert feuille dans une bassine de dix kilos. Le son de cette chose qui m'échappe siffle à mes oreilles comme une balle qui serait passée près de moi sans que je l'ai vue, où que je m'en sois rendue compte : le soir dans mon lit, la tête sur l'oreiller, j'entends un voix que je ne comprends pas, je me tourne et me retourne, j'ai chaud puis froid ; mais quand j'essaie d'écouter, je me rends compte que ce ne sont que mes acouphènes qui sont un peu plus présents que d'habitude. Le sang bat dans ma tête, je me dis que je suis folle, que je vais probablement mourir dans la nuit d'une attaque cérébrale.

La vie entre par cette brèche, cette entrevue de la mort, et m'attache si solidement que je ne pourrais me résigner à mourir, même si ma vie devenait des plus horribles. Je suis trop entêtée, je suis trop obsédée par la connaissance, je m'accroche trop pour lâcher prise si facilement. Je me casserais la tête contre les murs plutôt que de dire "Je laisse tomber".
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SANG, je te perdrais, je boirais ta vie. B.
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# Posté le mardi 14 juillet 2009 16:17

Modifié le vendredi 07 août 2009 17:35

Dernière vision

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LYSE :

L'ingrat ! Il trouve enfin mon visage charmant
Et pour me suborner il contrefait l'amant :
Qui hait ma sainte ardeur m'aime dans l'infamie,
Me dédaigne pour femme, et me veut pour amie !
Perfide ! Qu'as-tu dedans mes actions
Qui te dut enhardir à ces prétentions ?
Qui t'as fait m'estimer digne d'être abusée
Et juger mon honneur une conquête aisée ?
J'ai tout pris en riant, mais c'était seulement
Pour ne t'avertir point de mon ressentiment,
Qu'eût produit son éclat que de la défiance ?
Qui cache sa colère, assure sa vengeance,
Et ma feinte douceur, te laissant espérer,
Te jette dans les rets que j'ai su préparer,
Va traître : aime en tous lieux, et partage ton âme,
Choisis qui tu voudras pour maîtresse et pour femme,
Donne à l'une ton c½ur, donne à l'autre ta foi,
Mais ne crois plus tromper Isabelle, ni moi.
|...]
Toutefois qu'as-tu fait qui t'en rende coupable ?
Pour chercher sa fortune est-on si punissable ?
Tu m'aimes mais le bien te fait être inconstant,
Au siècle où nous vivons qui n'en ferait autant ?
Oublions les projets de sa flamme maudite,
Et laissons-le jouir du bonheur qu'il mérite.
Que de pensers divers en mon c½ur amoureux !
Et que je sens dans l'âme un combat rigoureux !
Perdre qui me chéri ! Épargner qui m'affronte !
Ruiner ce que j'aime ! Aimer qui veut ma honte !
L'amour produira-t-il un si cruel effet ?
L'impudent rira-t-il de l'affront qu'il me fait ?
Mon amour me séduit, et ma haine m'emporte,
L'une peut tout pour moi, l'autre n'est pas moins forte,
N'écoutons plus l'amour pour un tel suborneur,
Et laissons à la haine assurer mon honneur.

L'illusion comique, Corneille, Acte III scène 6.

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# Posté le samedi 16 mai 2009 16:57

Chasse au trésor.

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Suis-je encore la seule à m'émerveiller quand je vois un grand arbre nu sur lequel se sont posés une vingtaine de petits oiseaux noirs, lui donner l'air d'un arbre de Noël complètement naturel, ou d'une de ces magnifiques estampes japonaises ? Lorsque nous sommes enfants notre c½ur est d'or, de cette or qui fait que chaque chose où se pose notre regard devient or elle aussi : un enfant peut changer tout ce qu'il voit en or, comme Midas.

Cet été, Gauthier veut croire que son ½uf à la coque est un ½uf de dragon, et pendant tout le repas il raconte l'histoire de cet ½uf, le mange en dernier, et jusqu'à l'extrême limite veut croire à cette réalité qu'il s'invente : non, il n'a pas mangé lé bébé dragon, il s'est envolé. Pourquoi on l'a pas vu ? Ben ça vole super vite une dragon. C'est ça le pouvoir de l'enfant, l'enfant-roi qui crée toute chose, l'enfant créateur qui réinvente le monde et ne se lasse pas.

Pourquoi notre coeur perd-il son or ? Pourquoi s'éteint-il, pourquoi devient-il de fer et rouille quand nous vieillissons, nous fait devenir amer ? Parce que nous croyons que grandir, c'est arrêter de rêver, c'est arrêter de croire qu'on peut changer le monde.
"Toi tu t'émerveilles encore parce que t'as pas fini de grandir. Moi j'ai fini de grandir Noémie."

Je ne grandirais jamais alors ; je dois avoir un léger syndrome de Peter Pan. Mon c½ur a gardé un bout de son or, et je peux encore transformer ce que je vois : un coucher de soleil, les nuages qui ont la forme de lapins dans le ciel, les prés tellement verts, un chewing-gum gum écrasé qui à la forme d'un c½ur, un caillou troué. Toutes ces choses, ces p'tites choses merdiques, elles me rendent heureuse. C'est incroyable à dire, d'ailleurs je suis sûre que vous ne me croyez pas, vous qui me lisez : "Elle est heureuse pour la journée parce qu'elle a vu un vieux chewing-gum gum écrasé sur le trottoir ? A d'autre !". Et pourtant. Et pourtant.

Je fais le pari de vous faire retrouver votre c½ur d'enfant, de chercher l'or qui est resté au fond de vous et que vous avez soigneusement enterré le jour où vous vous êtes dit qu'il était temps d'être grand.


J'suis pas grande, et j'le s'rais jamais.
Je suis adulte, et pourtant je suis enfant.
"Forte propension à la fantaisie".


Piix : The Inside Out by ahermin sur deviantart.com
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Chasse au trésor.

# Posté le mercredi 15 avril 2009 17:18

*/TEXTE MANQUANT/*

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NON NECESSE ERAT !

A toi qui ne lira jamais ces mots.

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*/TEXTE MANQUANT/*
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# Posté le mardi 07 avril 2009 08:22