Was ist Aufklärung ?

***
Mes cheveux ont été tour à tour source d'enchantement et de désagrément ; plutôt de désagrément à vrai dire, jusqu'à ce que je fasse l'acquisition d'un lisseur. Ils commencent à avoir une longueur enviable, et quand je les lisse, ils descendent à mi-dos, ils sont doux...mais ils sont insupportables ; ma frange surtout : coupée moi-même car la coiffeuse m'avait atrocement ratée (l'utilisation du atrocement se justifie : mes cheveux me tombaient pile dans les yeux et une seule mèche, celle du milieu, était plus longue que les autres et m'arrivait au nez...), elle est inégale et me cause des misères.
Sauf que demain, je vais chez la coiffeuse : et j'ai très peur.

J'ai fait un horrible rêve qui consistait en le fait qu'elle m'avait laissé environ un centimètre de frange, et que sur le coup du désespoir je m'étais rasée la tête entière. J'avais mis mes cheveux dans un sac en soie, je dormais avec et je pleurais amèrement ma toison perdue.
Elle ne vous a pas choqué, cette scène du dessin animé Mulan, où le jeune fille du même nom se coupe les cheveux d'un coup de katana ? Déjà enfant ça m'avait traumatisé, j'en aurais pleuré tellement j'aurais désiré avoir la même onde noire et lisse sur la tête.
Sur cette triste vision je me suis réveillée en sueur, portant les mains à mon crâne, soupirant d'abord d'aise en sentant ma tignasse, grognant de mécontentement en sentant ma maudite frange complètement de travers. Il y a vraiment des moments où je les hais.

Pourquoi parler de mes cheveux ? Parce que j'ai toujours fait une fixation dessus ; je peux être le mieux habillée, maquillée, chaussée du monde, si ma coupe ne me convient pas, je me pourrirais la journée. Je sais, c'est pitoyable. Voila pourquoi j'ai peur et très envie d'aller chez la coiffeuse : sûrement que cette saleté de frange, après qu'elle l'ai soigneusement égalisée en coupant le moins possible sera parfaite. Le problème est que si elle coupe trop...c'est la catastrophe, et j'en pleurerais toutes les larmes de mon corps tellement la vision que j'ai de moi vient de mes cheveux.
Re-pitoyable Noémie.

JE SAIS.
Need some help !

***
Was ist Aufklärung ?

# Posté le mercredi 11 février 2009 13:38

Modifié le dimanche 15 février 2009 13:11

Métaphysique lunaire

Métaphysique lunaire
Comment dire les choses ? Comment les saisir ?
Car oui, je tiens à me justifier, je tiens à le voir, je veux lui dire tout, comme j'ai dit à Loic, même s'il dit que c'est sans importance, parce que ça me trotte dans la tête et que je dois parler pour exorciser. Dire : on se promènera, comme cet été, sauf qu'on ira voir la forêt, la S. c'est triste en hiver, la forêt est plus belle. Et même s'il pleut, on prendre le grand parapluie de toutes les couleurs et on aura l'air con. Une amitié silencieuse. Dire je t'aime d'amitié, de toute mon amitié, comme je peux dire sincèrement que j'aime Audrey, que j'aime Priscillia, que j'aime Amandine, Eve et Joanna. Mais comme l'a dit Colette, le verbe aimer est sans nuance, et c'est bien là le problème. Alors quand je leur dis je t'aime, eux comprennent "d'amitié", mais pas ceux qui entendent.

Oui je me justifie.
J'en ai besoin.

Ils resteront tous les deux comme ils sont dans mon esprit.
Mais je dois d'abord dire. Expulser, cracher, expirer le venin qui commence à se répandre dans mes veines, qui me fait dire que je ne devrais plus le voir, que rien ne sera plus pareil, qu'il ne me fera plus confiance. Après la marche ratée j'ai besoin de dire : "Pfff jsais pas ce qui m'a pris" et de rire un bon coup, entendre dans ma tête Joanna qui rit parce que j'ai failli me casser la figure. Voir l'un qui me pardonne, le plus dur, c'est fait, c'est heureusement fait, j'en pleurerais. Maintenant il me faut voir l'autre rire lui aussi, comme Joanna, me taper dans le dos et dire "Noémie, t'en fais toujours trop. Arrête maintenant, viens là", qu'il me prenne dans ses bras et qu'on parle d'après le bac, comme avant.

Faire ma vie avec Loic, car nous nous aimons par delà mes conneries (ce qui n'est déjà pas mal et qui je crois entre dans la définition de l'amour véritable - du moins dans la mienne). L'aimer de toutes mes forces, jusqu'à mourir. C'est décidé, s'il me quitte, je deviens nonne. Viendrais vous me rendre visite au couvent ? J'espère. Pardonne moi mon Dieu, je suis bête. Car nous nous aimerons, tu me l'as dit, promis, et même si cette promesse ne peut objectivement rien valoir, qu'est-ce que l'objectif en amour ? L'amour n'a d'autre but que lui-même, c'est comme l'art. L'amour est un art, nous sommes des artistes, et notre oeuvre n'a de valeur que pour nous. Alors même si cette promesse est subjective, le trésor au bout de l'arc-en-ciel, qui pourrait nous en vouloir d'y croire ? Rayon de soleil qui perce les nuages.

"J'aurais voulu, parfois, oui t'étrangler aux quatre vents, te serrer dans mes bras, à ça je l'ai voulu souvent"

Je hais celui qui fait du mal à ma soeur, ma petite soeur ; oui, tu as raison Baptiste, on se ressemble et on s'aime plus qu'on ne veut bien l'admettre.
Lucile je t'aime, n'oublie jamais que je suis toujours là pour toi.

Fin de cet article déversoir, fin de la cascade de choses que je voulais dire et que, comme à ma détestable habitude, j'ai condensé (Monsieur C. : "C'est trop sec Noémie, beaucoup trop sec").
Behind Green Eyes...

Piix : Bookman by NoDate sur deviantart.com
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# Posté le mardi 10 février 2009 17:28

Modifié le mercredi 11 février 2009 05:57

Stellaires perles de Chine.

Stellaires perles de Chine.
Je suis née depuis bientôt 6h. 18 ans : toute ma vie, un peu plus de la moitié de celle de mon père, même pas le quart de la moyenne de longévité des Français. Tout et rien vécu.
Je revois la soirée d'hier, le salon encombré de monde, les cendres de cigarettes sur la terrasse, les pâtes ratées et malgré tout appréciées, le dessert que Lucile et moi avons fait ensemble - avec amour fraternelle of course -. Et puis Geoffrey et Baptiste qui jouaient de la guitare, Amandine et Audrey au piano, Marie-Cécile qui, seule avec moi, connaissait les Poppies, Loic qui me demande de mettre le disque Soldat Louis ("Du rhum, des femmes, de la bière non de Dieu !") et ne me quitte presque pas de la soirée, à mon grand plaisir.

Et danser sur des vieux 45 tours, K. écrit sur la jacquette, mon héritage musical, petite Noémie élevée au biberon du rock par son cher père que l'âge n'arrange pas question hard. L'écharpe de Baptiste qui sentait bon (H. B. unknown), Julie qui s'essaie à la guitare, un discours vite avorté ("Alors : au sujet du rôle des dieux dans La Bonne Âme du Se-Tchouan... -Bravo Noémie ! Génial !), les lunettes de Priscillia et la robe d'Amandine, un slow ("How can't you see, you belong to me") et un dérapage (pour explication, Cf. citation précedente. Attention, toute déclaration sans analyse antérieure de ma psychologie relève de l'interprétation et donc de la subjectivité. Das heisst : pas de ragots SVP.)

Dormir sur le futon dur avec Loic, nos pieds dépassent et il se lève constamment pour les recouvrir et me recouvrir ; l'odeur de Bernadette est restée sur mon oreiller, fraîche comme un matin d'automne. Priscillia "chaste et pure" (je cite ;) ) redécouvre des questions existentielles comme celle de la zoophilie ainsi que le vocabulaire wesh ("Vas-y là vas te faire enculer Bernie") : car comme tout le monde le sait, les vices de langages sont toujours très drôles à employer sortis de leur contexte (dis sérieusement ça fait malheureusement pitié mais bon...).
Et ses doigts dans ma bouche.

"Un truc de dingue !"
La phrase de la soirée, qui je crois restera dans les annales ("Un analgésique peut-être ?")


De mes parents, grands-parents et parrain j'ai reçu une bague et des boucles d'oreilles en or avec des perles de Chine : "Un souvenir de tes dix-huit ans, elles te resteront longtemps".
Ces moments là aussi me resteront longtemps.


Photo de Priscillia, 3h30 du matin, Loic et moi, nos corps maigres et le "Je t'aime". Car oui, je t'aime.

# Posté le dimanche 08 février 2009 14:51

Labor improdus omnia vincit.

***
---->Morg@n <---- dit :
met bon
---->Morg@n <---- dit :
jaimeré etre com toi
---->Morg@n <---- dit :
parce que la tu profite mm pas de ta jeuness
---->Morg@n <---- dit :
et genre dans 1 ans sa va cassé avec lui
---->Morg@n <---- dit :
tu va te retrouvé tte seul

C'est quoi le problème ?
PUTAIN : c'est quoi le problème ?

Je ne comprendrais jamais.
Et pourquoi ? Et sur quelles bases ? Sur quelles putains de bases ?
Que tous ceux qui pensent ça aillent se faire foutre.

Je profite de ma jeunesse plus que vous, les...épicuriens au sens large du terme, oui, on va vous nommer ainsi. Je profite plus de ma jeunesse, car je la passe avec quelqu'un qui me comble, qui fait mon bonheur, qui me fait rire, qui me console, qui m'horripile, qui est chiant, que j'aime plus que tout.
De quoi je ne profite pas ? Pourquoi ça ne durerait pas ? POURQUOI MERDE ?

Personne ne m'enlèvera cet espoir, cette certitude que je garde au fond de moi comme une lame de diamant plantée dans mon coeur ; si je l'enlève je mourrais du flot de sang qui se déversera de cette blessure.
Alors que je n'ai jamais autant vécu, vous me reprochez de ne pas mourir ?

Bandes de cons.
***

# Posté le dimanche 01 février 2009 10:50

Modifié le lundi 16 mars 2009 16:24

Distortion

SCENE 10.

Louis. - Au début, ce que l'on croit
- j'ai cru cela -
ce qu'on croit toujours, je l'imagine,
c'est rassurant, c'est pour avoir moins peur,
on se répète à soi-même cette solution comme aux enfants
qu'on endort,
ce qu'on croit un instant,
on l'espère,
c'est que le reste du monde disparaîtra avec soi,
que le reste du monde pourrait disparaître avec toi,
s'éteindre, s'engloutir et ne plus me survivre.
Tous partir avec moi et m'accompagner et ne plus jamais
revenir.
Que je les emporte et que je ne sois pas seul.

Ensuite, mais c'est plus tard
- l'ironie est revenue, elle me rassure et me conduit à
nouveau -
ensuite on songe, je songeai,
on songeà voir les autres, le reste du monde, après la mort.
On les jugera.
On les imagine à la parade, on les regarde,
ils sont à nous maintenant, on les observe et on ne les aime
pas beaucoup,
les aimer trop rendrait triste et amer et ce ne doit pas être
la règle.
On les devine par avance,
on s'amuse, je m'amusais,
on les organise et on fait et refait l'ordre de leurs vies.
On se voit aussi, allongé, les regardant des nuages, je ne
sais pas, comme dans les livres d'enfants, c'est une idée
que j'ai.
Que feront-ils de moi lorsque je ne serai plus là ?
On voudrait commander, régir, profiter médiocrement de
leur désarroi et les mener encore un peu.
On voudrait les entendre, je ne les entends pas,
leur faire dire des bêtises définitives
et savoir enfin ce qu'ils pensent.
On pleure.
On est bien.
Je suis bien.

Parfois, c'est comme un sursaut,
parfois, je m'agrippe encore, je deviens haineux,
haineux et enragé,
je fais les comptes, je me souviens.
Je mords, il m'arrive de mordre.
Ce que j'avais pardonné je le reprends,
un noyé qui tuerait ses sauveteurs, je leur plonge la tête
dans la rivière,
je vous détruis dans regret avec férocité.
Je dis du mal.
Je suis dans mon lit, c'est la nuit, et parce que j'ai peur,
je ne saurais m'endormir,
je vomis la haine.
Elle m'apaise et m'épuise
et cet épuisement me laissera disparaître enfin.
Demain, je suis calme à nouveau, lent et pâle.
Je vous tue les uns après les autres, vous ne le savez pas
et je suis l'unique survivant,
je mourrai le dernier.
Je suis un meurtrier et les meurtriers ne meurent pas,
il faudra m'abattre.
Je pense du mal.
Je n'aime personne,
je ne vous ai jamais aimés, c'était des mensonges,
je n'aime personne et je suis solitaire,
et solitaire, je ne risque rien,
je décide de tout,
la Mort aussi, elle est ma décision
et mourir vous abîme et c'est vous abîmer que je veux.
Je meurs par dépit, je meurs par méchanceté et mesqui-
nerie,
je me sacrifie.
Vous souffrirez plus longtemps et plus durement que moi
et je vous verrai, je vous devine, je vous regarderai
et je rirai de vous et haïrai vos douleurs.
Pourquoi la Mort devrait-elle me rendre bon ?
C'est une idée de vivant inquiet de mes possibles égare-
ments.
Mauvais et médiocre, je n'ai plus de que minuscules
craintes et infimes soucis,
rien de pire :
que ferez-vous de moi et de toutes ces choses qui m'appar-
tenaient ?
Ce n'est pas beau mais ne pas être beau me laissera moins
regrettable.

Plus tard encore,
c'est il y a quelques mois,
je me suis enfui.
Je visite le monde, je veux devenir voyageur, errer.
Tous les agonisants ont ces prétentions, se fracasser la tête
contre les vitres de la chambre,
donner de grands coups d'ailes imbéciles,
errer, perdu déjà et
croire disparaître,
courir devant la Mort,
prétendre la semer,
qu'elle ne puisse jamais m'atteindre ou qu'elle ne sache
jamais où me retrouver.
Là où j'étais et fus toujours, je ne serai plus, je serais loin,
caché dans les grands espaces, dans un trou,
à me mentir et ricaner.
Je visite.
J'aime être dilettante, un jeune homme faussement fragile
qui s'étiole et prend des poses.

Je suis un étranger. Je me protège. J'ai les mines de
circonstance.
Il aurait fallu me voir, avec mon secret, dans la salle
d'attente des aéroports, j'étais convaincant !
La Mort prochaine et moi,
nous faisons nos adieux,
nous nous promenons,
nous marchons la nuit dans les rue désertes légèrement
embrumées et nous nous plaisons beaucoup.
Nous sommes élégants et désinvoltes,
nous sommes assez joliment mystérieux,
nous ne laissons rien deviner
et les réceptionnistes, la nuit, éprouvent du respect pour
nous, nous pourrions les séduire.
Je ne faisais rien,
je faisais semblant,
j'éprouvais la nostalgie.
Je découvre des pays, je les aime littéraires, je lis des
ivres,
je revois quelques souvenirs,
je fais parfois de longs détours pour juste recommencer,
et d'autres jours,
sans que je sache ou comprenne,
il m'arrivait de vouloir tout éviter et ne plus reconnaître.
Je ne crois en rien.

Mais lorsqu'un soir,
sur le quai de la gare
(c'est une image assez convenue),
dans une chambre d'hôtel,
celui-là "Hôtel d'Angleterre, Neuchâtel, Suisse" ou un
autre, 'Hôtel du Roi de Sicile", cela m'est bien égal,
ou dans le seconde salle à manger d'un restaurant plein de
joyeux fêtards où je dînais seul dans l'indifférence et le
bruit,
on vint doucement me tapoter l'épaule en me disans avec
un gentil sourire triste de gamin égaré :
"A quoi bon ?"
ce "à quoi bon"
rabatteur de la Mort
- elle m'avait enfin retrouvé sans m'avoir cherché -,
ce "à quoi bon" me ramena à la maison, m'y renvoya,
m'encourageant à revenir de mes dérisoires et vaines
escapades
et m'ordonnant désormais de cesser de jouer.
Il est temps.

Je traverse à nouveau le paysage en sens inverse?
Chaque lieu, même le plus laid ou le plus idiot,
je veux noter que je le vois pour la dernière fois,
je prétends le retenir.
Je reviens et j'attends.
Je me tiendrai tranquille, maintenant, je promets,
je ne ferai plus d'histoires,
digne et silencieux, ces mots qu'on emploie.
Je perds. J'ai perdu.
Je range, je mets de l'ordre, je viens ici en visite, je
laisse les choses en l'état, j'essaie de tirer des
conclusions, d'être paisible.
Je ne gesticule plus et j'émets des sentences symboliques
pleines de sous-entendus gratifiants.
Je me complais.
Rien ne me flatte autant, désormais, que ma propre angoisse.
Il m'arrivait aussi parfois,
"les derniers temps",
de me sourire à moi même comme pour une photographie
à venir.
Vos doigts se la repassent en prenant garde de ne pas la salir
ou d'y laisser de coupables empreintes.
"Il était exactement ainsi"
et c'est tellement faux,
si vous réfléchissiez un instant vous pourriez l'admettre,
c'était tellement faux,
je faisais juste mine de.

# Posté le jeudi 15 janvier 2009 16:30